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	<title>Editorial Archives - Info+ Hebdo</title>
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	<description>Les clés pour comprendre, la mise en perspective</description>
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	<title>Editorial Archives - Info+ Hebdo</title>
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		<title>A la recherche du vice-président</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 08:30:40 +0000</pubDate>
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<p>Avant même d’avoir finalisé le projet de loi de révision de la Constitution du Cameroun pour y réintroduire le poste de vice-président, Paul Biya sait déjà à qui il est destiné. Ce n’est donc pas lui qui le cherche mais l’opinion publique, qui n’a jamais autant manqué des clés pour comprendre un Paul Biya au sommet de son art énigmatique. En effet, le projet de loi adopté par le Parlement le 4 avril 2026 ne comporte aucune indication sur ni le profil, ni l’origine linguistique ou régionale du prochain titulaire du poste. Les paramètres anciens de la succession sont mis à rude épreuve et des citadelles de l’équilibre du pouvoir ne sont plus sûres d’être préservées. A l’exemple de l’axe Nord-Sud, qui veut que le pouvoir se déplace alternativement du Nord au Sud du pays depuis André-Marie Mbida (Sud) jusqu’à Paul Biya (Sud) en passant par Ahmadou Ahidjo (Nord). Depuis l’élection de Aboubakary Abdoulaye au perchoir du Sénat, devenu la 3<sup>ème</sup> personnalité de l’Etat, le Grand-Nord se sait hors-jeu pour le poste de vice-président.</p>
<p>Depuis l’adoption du projet de loi de révision de la Constitution, les Anglophones sont en attente légitimes d’occuper ce poste qui pourrait leur assurer de diriger le Cameroun en cas d’empêchement définitif de Paul Biya, ce qui n’est pas une simple vue de l’esprit. La crise du NOSO déclenchée en 2016 y verrait sans doute son épilogue et la question anglophone serait expurgée de l’argument de « faire-valoir de la République » exhibée, souvent à juste titre, par les filles et fils des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Seulement, la préoccupation prégnante de la deuxième révision de la Constitution de 1996 n’est pas la question anglophone, mais la succession de Paul Biya et la quête d’une stabilité au sommet de l’Etat en cas de vacance à la présidence de la République.</p>
<p>Il est donc curieux de voir le parti au pouvoir éjecter de la scène et renvoyer aux premières loges en tant que spectateur du dispositif institutionnel de la succession. La loi adoptée par le Parlement donne en effet au président de la République le pouvoir discrétionnaire et total de nomination et de révocation du vice-président sans aucun garde-fou ni limite. Il ne consulte ni le président du Sénat ni celui de l’Assemblée nationale, ce qui aurait permis au RDPC, parti majoritaire au sein de ces deux Chambres, d’avoir son mot à dire.</p>
<p>C’est alors que ressurgit une révélation contenue dans le livre de l’ancien secrétaire général de la présidence de la République, Jean-Marie Atangana Mebara. Cet ancien proche collaborateur du président Paul Biya écrit : « Je l’ai plutôt entendu dire que s’il disait aujourd’hui, de manière plus ou moins claire ou même déguisée, que le choix de son successeur a été porté sur telle ou telle personnalité, qu’il imaginait les ligues qui allaient se constituer pour détruire ce « dauphin désigné ». Il a ajouté ce jour-là que « le moment venu, si son parti lui faisait toujours confiance, il recommanderait la personne qui pourrait être le candidat du parti. » Penser que le Président BIYA peut dire à quelqu’un qu’il lui confierait le pouvoir un jour, serait vraiment le méconnaître. <strong>» (Le Secrétaire général de la présidence de la République au Cameroun-Entre mythes, textes et réalités. 2016. L’Harmattan. pp. 247-248)</strong>.</p>
<p>Ce que dévoile Jean-Marie Atangana Mebara, l’un des rares proches de Paul Biya à s’être exprimé dans un ouvrage sur leurs années de collaboration, c’est qu’on ne saura pas de sitôt le nom du titulaire du poste de vice-président. Les jeux sont donc ouverts et toutes les occurrences sont possibles mais il y a un seul distributeur des cartes : Paul Biya. En une session du Parlement, il trône à nouveau sur le landernau politique. En changeant les hommes du perchoir au Sénat et à l’Assemblée nationale, puis en prenant totalement la main sur le choix de son successeur, Paul Biya s’est réinstallé au cœur de tous les pouvoirs.  Il bat du même coup en brèche les inquiétudes d’une perte de puissance au bénéfice d’une clique pouvoiriste installée à Etoudi et accusée de présider par procuration.</p>
<p>A la vérité, Paul Biya rassure plus qu’il n’assure, car les Camerounais, à qui il a promis un nouveau gouvernement depuis novembre 2025, avaient de sérieuses raisons de s’interroger. Ces derniers temps, Etoudi a donné l’impression d’être devenu le terrain de jeu d’acteurs officieux, en tout cas investi d’un pouvoir illégitime voire illégal d’agir sur des pans entiers du pays sans avoir de compte à rendre. On y a noté une désinhibition dans les comportements et une quête de buzz qui sied mal avec un palais présidentiel. L’absence d’arbitrage voire le silence de Paul Biya face à ses incartades, qu’il aurait peu tolérées en son temps, a renforcé l’idée d’un homme usé voire abusé. Son coup politique de ce début d’avril indique peut-être que le chef de l’Etat a décidé de laisser son entourage faire clinquer la quincaillerie et de s’occuper des affaires d’Etat au rang desquels sa propre succession.</p>
<p>Pourtant, on a désormais des raisons de ne plus détourner le regard. Le dispositif de legs du pouvoir suprême adopté par le Parlement dans la loi de révision de la Constitution, qui met dans les mains de Paul Biya un pouvoir sans borne, ne met pas le pays à l’abri d’un hold-up mené par cet entourage qui montre tous les signes que sa soif de privilèges est loin d’avoir été étanchée.</p>

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		<title>Le salaire de la peur</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Oct 2022 08:53:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[A NE PAS RATER]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Fonction publique est le monstre de demain. Le mouvement des enseignants OTS, qui a failli compromettre l’année scolaire 2021/2022, n’est qu’un aperçu de ce que ce mastodonte au service de l’Etat peut tout aussi être son pire cauchemar. Avec près de 350 000 agents, la Fonction publique est le plus gros employeur du pays. En [&#8230;]</p>
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<p>La Fonction publique est le monstre de demain. Le mouvement des enseignants OTS, qui a failli compromettre l’année scolaire 2021/2022, n’est qu’un aperçu de ce que ce mastodonte au service de l’Etat peut tout aussi être son pire cauchemar. Avec près de 350 000 agents, la Fonction publique est le plus gros employeur du pays. En 2011, la Fonction publique ne disposait que de 190 000 agents. En dix ans donc, l’Etat a doublé ses effectifs, compte non tenu de la fonction publique locale avec le développement des collectivités territoriales décentralisées et des conseils régionaux (360 mairies, 14 mairies de ville et 10 conseils régionaux). Ces employés ont beau ne pas émarger directement dans le budget de l’Etat, ils n’en sont pas moins des employés du service public payés par le contribuable.</p>
<p>Le Premier ministre Joseph Dion Ngute s’est ému de cette croissance exponentielle des effectifs, d’autant qu’elle est corrélée à la masse salariale. Premier payeur du pays, l’Etat dépense depuis l’année 2021 plus de 1000 milliards annuels pour les salaires de ses fonctionnaires et agents. Cette même dépense de personnel était de 680 milliards FCFA en 2011. Elle a donc explosé en dix ans, avec une augmentation de plus 5% par an. La CEMAC a établi un ratio de soutenabilité des dépenses de personnel de l’Etat en l’indexant sur le volume des recettes fiscalo-douanières à l’année, qu’elle a fixé à 35%. Le Cameroun a déjà allègrement franchi cette barre pour se hisser à 42%. C’est un constat de sous-performance de la Fonction publique camerounaise.</p>
<p>Toutefois, ce que la CEMAC feint d’ignorer – et que les Etats assument sans honte –, c’est que la Fonction publique n’a pas qu’une obligation de performance, elle se doit aussi d’être concomitamment diverse et représentative de toutes les composantes socio-ethniques. C’est un instrument politique que le pouvoir utilise pour régler et réguler la pression sociale. A preuve, entre 2010 et 2020, l’Etat a recruté plus de 50 000 enseignants supplémentaires et plus de 25 000 diplômés. Le gouvernement a choisi d’avoir plus de fonctionnaires moyennement rémunérés, ce qui lui sert de soupape sociale, au lieu d’en avoir moins mais bien payés.</p>
<p>Seulement, le Comptage physique du personnel de l’Etat (COPPE) entamé en 2018 a révélé que 8766 agents de l’Etat, pourtant payés chaque mois, n’ont pas procédé au recensement. Le ministre de la Fonction publique, Joseph LE, a indiqué qu’au terme des enquêtes diligentées seuls 177 personnels ont pu être réhabilités. On peut en conclure que le Minfopra et le Minfi ont identifié environ 8600 faux agents de l’Etat dont la solde est depuis lors suspendue, en attendant leur révocation ou licenciement qui s’opère progressivement. Déjà 1400 actes de ce type ont été délivrés. L’Etat y gagne 30 milliards.</p>
<p>A la faveur de la mission du CONSUPE sur le chapitre 65 dit des « dépenses communes de fonctionnement », 1790 agents de l’Etat intéressent les auditeurs. Très tôt, les incongruités de la mission ont été décelées, mais le fond du problème reste entier. Il existe de tout temps des abus sur l’utilisation des ressources budgétaires allouées aux missions des agents de l’Etat.</p>
<p>Matricules et salaires fictifs, missions fictives ou excessives, corruption… Les fonctionnaires font de la péréquation. Les salaires n’étant pas indexés sur l’inflation, ils multiplient les combines d’ajustement des revenus avec une fertilité impressionnante. C’est ce qui explique la passivité de la majorité des fonctionnaires devant l’augmentation des coûts de la vie. La dernière augmentation des salaires des agents de l’Etat au Cameroun date du 7 juillet 2014 et s’élevait à 5%. Avec une inflation annuelle moyenne des prix de 3%, et huit ans plus tard, cette hausse des salaires a plusieurs fois été absorbée. On devrait être avoir atteint le point de rupture, mais tout semble sous contrôle.</p>
<p>L’Etat choisit de fermer les yeux puisque la situation semble arranger tout le monde. A tort. Le système informel de rémunération parallèle dans la Fonction qui croit sous nos yeux est incontrôlable, inique et dangereux. C’est une bombe à retardement au regard de l’injustice sociale qu’il crée. C’est l’acceptation que le budget de l’Etat est une proie à la merci du prédateur le plus fort ou le plus malin. C’est l’accentuation des inégalités au sein de la Fonction publique, où deux parcours professionnels identiques sont l’un locataire à Nkolndongo et l’autre propriétaire immobilier à Odza. C’est la mise à l’écart de certains corps de métier comme les enseignants, dont le salaire est la seule source de revenus.</p>

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		<title>Le crépuscule de l’Epervier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Oct 2022 06:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Editorial]]></category>
		<category><![CDATA[Politque]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deux événements consécutifs méritent qu’on leur établisse un lien pour mieux mettre en perspective les enseignements qu’ils génèrent dans une actualité qui ne prend plus de pause. Il s’agit du décès de l’ancien vice-Premier ministre Amadou Ali, disparu le 27 septembre 2022 des suites de maladie et déjà enterré dans son Kolofata natal, dans la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h3><em><strong>Deux événements consécutifs méritent qu’on leur établisse un lien pour mieux mettre en perspective les enseignements qu’ils génèrent dans une actualité qui ne prend plus de pause.</strong></em></h3>
<p>Il s’agit du décès de l’ancien vice-Premier ministre Amadou Ali, disparu le 27 septembre 2022 des suites de maladie et déjà enterré dans son Kolofata natal, dans la simplicité et la dignité qu’impose la religion musulmane. Les images de son linceul, sobrement posé au milieu des siens, ont ému l’opinion publique à cause du contraste entre ce corps inanimé et le pouvoir que cet homme a incarné. L’hommage de la Nation n’a pas réussi à dissiper l’évidence de l’inanité de la vie. Amadou Ali a vogué entre ministères stratégiques et fonctions de souveraineté sans interruption, dès l’avènement du Renouveau dont il a été l’une des figures les plus fortes.</p>
<p>Amadou Ali a dirigé la gendarmerie nationale, le ministère de la Défense, le secrétariat général de la présidence de la République, le ministère de la Justice avant d’échouer en fin de carrière comme ministre délégué à la présidence chargé des Relations avec les Assemblées dont chacun a su que c’était sa porte de sortie de la vie publique. Il a dirigé l’équipe de défense du Cameroun devant la Cour internationale de justice de la Haye dans le différend territorial avec le Nigeria qui a abouti en octobre 2002 à une décision favorable à la camerounité de Bakassi.</p>
<p>Le fils de Kolofata n’est pas étranger à la création d’une unité spéciale pour combattre les coupeurs de route dans le Grand-Nord, qui deviendra plus tard le Bataillon d’intervention rapide (BIR). Il est la figure iconique du scandale de Wikileaks au Cameroun avec la divulgation de ses confidences à l’ambassadrice des Etats-Unis, Janet Garvey, dans lesquels il excluait les Anglo-Bamis de la succession de Paul Biya. C’est, enfin, la tête pensante de l’opération Epervier, destinée à la lutte contre la corruption, à l’origine de l’emprisonnement d’une palette de pontes du régime.</p>
<p>Il y a, d’autre part dans la même actualité, à quelque une semaine de différence, l’acquittement, le 4 octobre, de Dieudonné Oyono, ancien recteur de l’université de Douala. Sa libération intervient quatre ans après son incarcération à la prison de Kondengui, où il avait été écroué en 2018. L’interpellation de cet ancien coordonnateur du Programme national de gouvernance (PNG) avait abasourdi l’opinion publique, démolissant tout espoir de bon grain dans l’ivraie ambiante. « Pas lui, pas après avoir prêché la bonne gouvernance », entendait-on. Dieudonné Oyono était accusé, présumé innocent, il a finalement été innocenté mais ce passé n’est pas effacé.</p>
<p>Quel lien avec Amadou Ali, l’un du Mayo Sava et l’autre de la Mefou Akono ? Dieudonné Oyono a sans doute été victime des méthodes initiales de l’opération Epervier, menée tambour battant par Amadou Ali à partir de l’année 2005. Dotée de nobles objectifs et plébiscitée au départ, l’opération Epervier s’est finalement caractérisée par son aveuglement, sa légèreté et son instrumentalisation. Une liste de biens mal acquis, des personnalités jetées à la vindicte populaire, d’autres arrêtées, des enquêtes menées, au Cameroun, en Europe, aux Etats-Unis, Me Jacques Vergès et Francis Dooh Collins mis à contribution, le FBI, l’ambassade des Etats-Unis… et finalement pas grand-chose des centaines de milliards annoncés. Des anciens ministres et Dg inculpés, le ministère public a éprouvé toutes les difficultés à soutenir les chefs d’accusation retenus, certains s’étant révélés incongrus pendant les confrontations.</p>
<p>L’opération Epervier est-elle un échec total, au point qu’elle mérite d’accompagner Amadou Ali dans son repos éternel ? A la vérité, de cette période qui ne fut pas que glorieuse certes, le pays a hérité d’un esprit des lois anti-corruption, d’un tribunal criminel spécial (TCS), d’une commission nationale anti-corruption (CONAC), d’une Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et d’un contrôle supérieur de l’Etat désormais redouté. Il ne tient qu’aux dirigeants d’en faire un usage approprié, en tout cas pas un instrument de règlement de comptes politiques.</p>

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		<title>Factions et fractions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Oct 2022 07:23:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[A NE PAS RATER]]></category>
		<category><![CDATA[Editorial]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Sports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le pays n’est plus que factions et fractions. La passion du football n’est plus la case commune où tous les enfants du pays se rassemblent. Les Lions Indomptables ne sont plus un patrimoine consensuel, ils sont au centre d’un déchirement national, exacerbant nos clivages anciens et créant de nouvelles querelles, avec une ligne de crête [&#8230;]</p>
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<p>Le pays n’est plus que factions et fractions. La passion du football n’est plus la case commune où tous les enfants du pays se rassemblent. Les Lions Indomptables ne sont plus un patrimoine consensuel, ils sont au centre d’un déchirement national, exacerbant nos clivages anciens et créant de nouvelles querelles, avec une ligne de crête tranchante qui ne tolère que manichéisme et fanatisme.</p>
<p>Depuis l’arrivée de Samuel Eto’o à la tête de la FECAFOOT il y a plus de dix mois, les curseurs de l’actualité sont restés beaucoup trop longtemps sur cette association sportive même si elle est aujourd’hui dirigée par l’un de ses fils les plus iconiques, les plus médiatiques, sans doute le joueur le plus emblématique que le pays n’ait jamais connu. La place hypertrophique que les médias et réseaux sociaux lui ont volontiers concédée est en train de se retourner contre notre « supporter ensemble », en attendant qu’il touche à notre vivre ensemble.</p>
<p>Les Camerounais ne sont jamais apparus autant divisés que sur la question de la gestion de la FECAFOOT et des Lions Indomptables, chaque camp disposant d’une branche extrémiste qui ne tolère ni critique même constructive d’un côté, ni éloge même mérité de l’autre. La pomme de discorde ne tient ni au changement d’exécutif à la FECAFOOT, ni au statut d’ancien joueur de son nouveau président et encore moins à sa stature de star mondiale. L’élément nouveau ici est le tempérament de Samuel Eto’o : fougueux, impétueux et téméraire, chaque qualificatif avec les défauts de ses avantages. Le problème, c’est la radioactivité qui exhale de Tsinga depuis 10 mois.</p>
<p>Une frange de Camerounais, ses partisans, sans doute las du statu quo ou déçus de la lenteur des changements dans l’espace public, se consolent avec ce caractère trempé qui veut tout et tout de suite, quoi qu’il en coûte, et qui peut renverser la table quels que soient le menu servi et les convives. Aussi de nombreux cadres du MRC se sont embarqués auprès de Samuel Eto’o, l’aidant à conquérir la présidence de la FECAFOOT, comme une revanche cathartique de la présidentielle de 2018.</p>
<p>Une autre partie des Camerounais regardent d’un œil au moins méfiant au départ et de plus en plus inquiet ces jours-ci, ce jeune quadra qui a tout pour lui, l’argent et la célébrité, et semble vouloir les ringardiser. Ils n’approuvent pas son style managérial fait de transgressions et d’audace, sans respect pour les cathédrales et les monuments.</p>
<p>Les uns prédisent sa réussite, les autres son échec. Les paris sont pris et le suspense n’est pas feint. Samuel Eto’o a mis sa vie en scène comme un feuilleton, avec de bons et de mauvais épisodes, mais l’intrigue, elle, ne manque jamais de piquant.</p>
<p>Pendant ces 40 dernières années, les divisions des Camerounais s’arrêtaient aux portes des stades, où la fierté d’appartenance à la même nation ou au même club avait tous les droits. Au plus fort de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, le football est la seule activité organisée que les séparatistes acceptaient, eux-mêmes s’installant aux premières loges pendant les rencontres à Bamenda.</p>
<p>Le pouvoir n’est pas malheureux que la passion des Camerounais pour ce qui se passe ou ne se passe pas à Tsinga les occupe au point d’oublier les problèmes du pouvoir d’achat, de coupure de courant, de rationnement de l’eau ou du chômage. Pourtant, il n’a pas intérêt à laisser perdurer ces nouvelles fractures qui entaillent et balafrent le vécu national. Quand les excès sont de sortie, les dérives ne sont pas loin. Les démons du tribalisme ont engagé une danse macabre autour de cette nouvelle attraction qu’est la FECAFOOT d’Eto’o Fils. Il faut arrêter la musique.</p>

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<p>The post <a href="https://infoplus-mag.net/2022/10/04/factions-et-fractions/">Factions et fractions</a> appeared first on <a href="https://infoplus-mag.net">Info+ Hebdo</a>.</p>
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