Contentieux: Les partisans de la déchéance d’Eto’o ne faiblissent pas
En plus des procédures judiciaires en cours pour faire valoir la déchéance de celui que la justice espagnole a condamné pour fraude fiscale, la fronde en interne grandit au sein de l’Assemblée générale et de certains corps de métier.
En proclamant urbi et orbi que les affaires judiciaires avec l’Assemblée générale de 2009 sont définitivement enterrées avec les sentences d’accord-parties du Tribunal Arbitral du Sport le 23 août, qui Samuel Eto’o a crié victoire trop tôt. Ses partisans ont d’ailleurs eu le malheur de célébrer en vilipendant les prédécesseurs de Samuel Eto’o, dont le Pr. Joseph et son comité de normalisation constitué des professeurs agrégés Minkoa She, Mouangué Kobila, etc., se sont vus renvoyer à leurs chères études. La victoire obtenue de haute lutte par une habile stratégie de défense devant le TAS a ouvert la voie à un recours devant le Tribunal fédéral suisse, dans laquelle une partie des délégués de l’AG de 2009 qui ne se reconnaissent pas dans la sentence d’accord-parties du TAS, sous l’encadrement de Abdouraman Baba Hamadou, se sont engouffrés. Leur requête a été déposée la semaine dernière avec grand optimisme. Elle peut aboutir à une invalidation de l’élection de Samuel Eto’o et tout l’exécutif.
La fronde ouverte au sein de cet exécutif par Guibai Gatama ne faiblit pas. Au contraire, elle prend progressivement du volume. A la suite de l’Assemblée générale du 27 août 2022 à Douala, au cours de laquelle sa révocation a été prononcée, l’élu de l’Extrême-Nord avait promis de saisir les juridictions, puis la FIFA et la CAF. C’est chose faire depuis le 30 août, quand la commission de recours a été saisir d’une requête en annulation des résolutions de cette Assemblée générale. Cette fois, Guibai Gatama n’est pas seul dans la démarche, il est associé à sept membres de l’Assemblée générale qui relèvent la violation des Statuts, y compris pour l’organisation de l’AG du 27 août. D’entrée, les plaignants contestent la qualité de Samuel Eto’o à convoquer une session de l’AG de la FECAFOOT depuis sa condamnation le 20 juin 2022 pour fraude fiscale en Espagne. S’ensuivent d’autres griefs qui tiennent tous au non-respect des statuts de l’instance faîtière du football camerounais.
Parallèlement à cette démarche, le président de la Ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC), dissoute par une résolution l’AG du 27 août, s’est aussi pourvu devant la commission de recours de la FECAFOOT. Le général Pierre Semengue, dans la requête déposée le 30 août, entend aussi contester la légalité de Samuel Eto’o avant de rejeter la dissolution prononcée.
La FIFA, saisie par ces différents acteurs, s’est penchée sur les résolutions de l’Ag du 27 août, donc les plus polémiques sont l’augmentation de la durée du mandat et la modification des dispositions liées à la vacance à la présidence de la FECAFOOT. L’instance faîtière internationale devrait réagir à ces modifications taillées sur mesure qu’elle n’a pas préalablement approuvées et qui créeraient une jurisprudence dans les 210 autres associations membres.
Malgré la chape de plomb en vigueur au sein de certains corps de métier, un arbitre a décidé de rompre le silence le 7 septembre 2022, en adressant une correspondance au président de la FECAFOOT dont l’objet est sans équivoque : « Management irrationnel et outrageant des arbitres de football fédéraux I ». Dans le menu, Fabrice Hemou détaille les griefs qui se résument au : « manque de communication sur les frais de match impayés aux arbitres ayant participé au championnat professionnel Elite Two saison 2021/2022 » et à une cacophonie dans les tests de promotion des arbitres pour la prochaine saison.
On ignore si sa correspondance a été suivie d’effet ou d’autres corps de métier se sont résolus à porter leurs plaintes.
Arthur L. Mbye
