Restructuration: L’Etat poursuit le paiement de la dette de la Sonara

 Restructuration: L’Etat poursuit le paiement de la dette de la Sonara

261 milliards aux banques, 185 milliards au trader Vitol, en attendant le tour de Addax, Pstv et Petra, la Société nationale de raffinage a retrouvé sa solvabilité après avoir frôlé le chaos après l’incendie de mai 2019.

Le ministre des Finances Louis Paul Motaze a signé le 22 septembre à Yaoundé une convention de restructuration et de remboursement de la dette de la Société nationale de raffinage vis-à-vis de Vitol, le chef de file des traders de la Sonara. Il s’agit d’un accord de remboursement de 185 milliards de FCFA, étalé sur 10 ans, à un taux d’intérêt de 5,5% paraphé côté Vitol par son directeur Afrique, Pierre Barbe. Louis Paul Motaze a annoncé qu’à la suite de Vitol, Addax, Pstv et Petra, trois autres fournisseurs de pétrole brut et de produits pétroliers, signeront dans les prochains jours leur convention de remboursement.

Le 15 octobre 2021, le ministre des Finances avait signé la convention de restructuration et de remboursement de la dette bancaire de la Sonara, d’un montant de 261 milliards de FCFA. L’Etat a fait, avec la convention du 22 septembre, un bond de plus vers la restructuration de la dette globale de la Sonara, estimée à environ 1000 milliards de FCFA au lendemain de l’incendie qui avait ravagé la raffinerie le 31 mai 2019, provoquant un arrêt des activités. Incapable de faire face à ses engagements, la Sonara « fait peser un risque sur l’approvisionnement du pays en produits pétroliers ainsi qu’une menace de délitement du système bancaire », a indiqué Louis Paul Motaze. La situation est jugée grave à Etoudi. Paul Biya instruit que soient ouvertes des négociations avec les créanciers de la Sonara.

Le ministre des Finances choisit de mettre en place un groupe de travail charger de restructurer la dette due par la Sonara aux banques et celle due aux fournisseurs de pétrole brut. Ce groupe fait un peu le ménage en veillant de n’oublier et ne léser aucun créancier au 31 décembre 2019. Il élabore un tableau d’amortissement global que le gouvernement suit actuellement. Pour rembourser la dette, l’Etat a introduit dans la structure des prix des produits pétroliers une ligne de soutien à la raffinerie de 47,88 FCFA par litre. Ses ressources sont logées dans un compte spécial du Trésor domicilié à la BEAC dont le ministre des Finances a révélé qu’il est « fonctionnel et efficace puisqu’il n’a enregistré aucun cas de défaut ».

Seulement, des critères rigoureux sont introduits pour parvenir à la signature d’une convention comme celle dont Vitol a bénéficié et dont le modèle type exige l’habilitation du conseil de la Sonara au directeur général, l’émission d’un lettre d’engagement de l’Etat et l’avis du Comité national de la dette publique. Il faut ensuite indiquer le montant de la dette restructurée, la durée de remboursement.. et le taux d’intérêt.

Le gouvernement est en train de restituer à la Sonara sa solvabilité car le remboursement de la dette due aux banques à éloigner le spectre du risque systémique. La raffinerie a même de nouveau pu accéder à des lignes de financement qui lui avaient été fermées. Le gouvernement réalise aussi un coup marketing auprès des créanciers de l’Etat et aux investisseurs internationaux qui sont sensibles à la crédibilité retrouvée de la Sonara grâce à l’intervention de la puissance publique.

Dans son élan, le gouvernement est déjà engagé dans la réhabilitation de la Sonara. Le comité de pilotage y afférent a été mis sur pied et ses travaux lancés le 15 septembre 2022 à Limbe.

Grégoire Onana

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