Banque Africaine de Développement: Environ 1 400 milliards pour le Cameroun
Le volume du portefeuille actif permet à l’institution d’occuper une place de choix parmi les bailleurs de fonds parmi les plus importants du pays.
Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, a procédé le 29 septembre 2022 à la signature, par échange de notes avec la Banque Africaine de Développement (BAD), de deux accords de prêt d’un montant global de 144 millions d’euros, soit environ 94,5 milliards de Fcfa. Le premier accord est destiné au financement du programme d’appui à la relance économique post-Covid-19, à hauteur de 53 milliards de Fcfa. Le second, d’un montant de 41,5 milliards, permettra la mise en œuvre du programme d’appui au renforcement de la production agricole au Cameroun. Une manifestation de plus de lla disponibilité de cette banque à accompagner le Cameroun dans la mise en œuvre d’importants axes de la politique des grandes opportunités.
Ces deux accords de prêt interviennent juste une semaine après deux autres conventions. En effet, le 20 septembre 2022, Alamine Ousmane Mey et le directeur général de la BAD pour la région Afrique Centrale, Serges N’Guessan ont signé deux accords évalués à 90,8 milliards de F. Cette somme servira au désenclavement de la zone portuaire de Kribi et à l’assainissement de Yaoundé.
A date, le Cameroun se trouve être le pays de la sous-région Afrique centrale où la BAD s’est le plus investie en matière de financement, avec un portefeuille actif évalué à 1 400 milliards de F. Plus de la moitié de cette enveloppe (51%) de cette enveloppe est destinée au financement des projets routiers, soit un peu plus de 680 milliards de F. Ces projets concernent, selon l’institution, la construction, la réhabilitation ou encore l’aménagement des infrastructures routières. Parmi les plus importants figurent les corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui, qui combinent sur leur itinéraire, chemins de fer, routes et infrastructures de franchissement. Ces deux projets financés par la BAD, aux côtés de plusieurs autres partenaires au développement du pays, notamment la Banque mondiale et l’Union Européenne (UE), ont permis de réduire le temps de trajet, respectivement de 15 à 7 jours et de 10 à 5 jours.
Stratégie pays
Le portefeuille actif de la BAD au Cameroun permet à cette institution d’occuper une place de choix parmi les plus importants bailleurs de fonds aux projets du pays. Une position qui la place au-dessus de la Banque européenne d’investissement (BEI) dont le portefeuille de coopération avec le Cameroun s’élevait à 577 milliards de FCFA à mai 2022. Tandis que le pays enregistre envers la Banque mondiale (BM) une dette de plus de 1000 milliards de F au 31 avril 2021, selon une note de conjoncture de la Caisse autonome d’amortissement (CAA). La même note révèle que la dette du Cameroun auprès du Fonds monétaire international (FMI) s’élève à 548 milliards de F à la même période.
Faut-il alors conclure que les Camerounais Jacques Edjangue vice-président par intérim chargé de la gestion des personnes et des talents et Marie -Laure Akin-Olugbade, vice-présidente par intérim du Complexe régional, Intégration et prestation de services, ont eu une influence sur la conclusion d’autant d’accords dans un temps aussi réduit ? Rien n’est moins sûr, la validation des conventions de prêt dépendant de critères bien connus et n’ayant peu à voir avec la nationalité de ceux qui analysent les dossiers.
Toutefois, il convient de préciser que ces projets financés avec le concours de la BAD rencontrent très souvent un problème d’aboutissement dans leur mise en œuvre. Chose que l’institution a reconnu, en évoquant entre autres la lenteur dans l’exécution des travaux sur le terrain, la non maturité de certains projets, la contractualisation tardive des projets et la faible capacité financière des entreprises adjudicataires, les lenteurs dans la libération des emprises de certains projets, l’appropriation insuffisante des procédures d’exécution des fonds de contrepartie, les lenteurs dans l’octroi des avis de non-objection de certains bailleurs de fonds.
Il revient donc au gouvernement, pour continuer à bénéficier des guichets de prêt de la BAD, et optimiser l’utilisation des fonds heureusement rendus disponibles, de lever les obstacles à la réalisation de projets, notamment d’infrastructures.
L.Z
